L’affaire Dassault

Le HuffingtonPost, 17 décembre 2014, Strade, 19 décembre 2014, EuroDéfense-France, 17 janvier 2015

L’occasion était trop belle. L’objectif ne manquait pas de panache : créer autour du groupe Dassault une grande entreprise européenne d’aéronautique de défense. Las, Tom Enders, le président exécutif d’Airbus, a jeté l’éponge. Il vient de céder une première tranche de la participation d’Airbus dans Dassault au groupe … Dassault. Lire la suite

Where does France stand?

Le HuffingtonPost.fr, November 27, 2014, Strade, November 27, 2014

Maintaining its prestige seems like quite an old-fashioned concept, reminiscent of the ancien régime. Nevertheless, for today’s French leaders, this concept defines France’s role and global position. But what prestige? That of France’s former status as a major power with a return to rear alliances, as some seem to advocate? Such an attitude would be suicidal, as it would lead to a dismantling of the structure that has been patiently built in Europe since the 1950s. Therefore, understanding the status of France nowadays requires a dramatically new approach challenging the idea of Europe as serving France’s interests primarily and seeing France more as a key player within Europe. Lire la suite

Quel rang pour la France ?

Le HuffingtonPost.fr, 27 novembre 2014, Strade, 27 novembre 2014

Tenir son rang. Le concept a quelque chose de désuet, un parfum d’ancien régime. Il reste que c’est lui qui, dans le chef de la classe dirigeante française, préside, aujourd’hui encore, à la définition du rôle et de la place de la France dans le monde. Quel rang ? L’ancien, celui de la France grande puissance ? Avec un retour aux alliances de revers comme certains semblent le préconiser ? Ce serait suicidaire parce que cela impliquerait la destruction de tout l’édifice européen, patiemment construit depuis les années 1950. Penser le rang de la France aujourd’hui passe donc, selon nous, par une rupture conceptuelle. Il s’agirait de penser le passage de l’idée d’une Europe instrumentale aux desseins de la France, à celle d’une France au cœur de l’Europe. Lire la suite

In favour of a European senate

Le HuffingtonPost.fr, 8 october 2014, Strade, 8 october 2014

Since the start of the economic and financial crisis in 2009, EU citizens have looked on helplessly at the pointless power play between those member-States who support supply-based policies and those who support demand-based policies. More than six months after the invasion and annexation of Crimea by Moscow and while Russian forces are pursuing, in spite of the truce, their military conquest of the Donets Basin, we are still waiting for the promised start of a real European energy policy. These are two emblematic examples of the state of our Union. Naturally, the criticism is flying thick and fast and it is aimed at the European Commission, and even the European Parliament, but not, strangely enough, at the Council of Ministers, even though this institution – which was one of the cornerstones of the original institutional triangle gathering ministers from the 28 member-States (by area of responsibility: agriculture, finances, transport etc.) – participates in the European legislative process in the same way as the European parliament does (the notorious co-decision procedure). Together with the European Parliament, it amends, validates or rejects directive proposals submitted by the Commission. It has little visibility but still borrows from diplomatic practices. Most of its work is done by diplomats (Coreper) 1 who, obliged by a sense of group spirit, are more answerable to their respective “Quay d’Orsay” than to their national governments and, even more so, their relevant minister. Lire la suite

Notes:

  1. The Permanent Representatives Committee. It is responsible for preparing the work of the Council (of Ministers) and consists of Member States’ ambassadors to the European Union.

Pour un Sénat européen

Le HuffingtonPost.fr, 8 octobre 2014, Strade, 8 octobre 2014

Depuis le début de la crise économique et financière en 2009, les citoyens européens assistent, impuissants, à l’opposition stérile au sein de l’Union européenne, entre les Etats-membres partisans de la politique de l’offre et les Etats-membres partisans de la politique de la demande. Plus de six mois après l’invasion et l’annexion de la Crimée par Moscou et alors que les forces russes poursuivent, en dépit de la trêve, leur conquête militaire du Donbass, nous attendons toujours le lancement, pourtant annoncé, d’une ambitieuse politique européenne de l’énergie. Deux exemples emblématiques de l’état de notre Union. Certes les critiques pleuvent. Sur la Commission européenne, voire sur le Parlement européen. Etrangement, le Conseil des Ministres tire son épingle du jeu. Pourtant cette institution, un des angles du triangle institutionnel originaire, où les ministres des 28 Etats-membres se retrouvent en formation spécialisée (agriculture, finances, transports, …), participe au même titre que le Parlement européen au processus législatif européen (la fameuse co-décision). Avec le PE, il amende, approuve ou rejette les propositions de directives présentées par la Commission. Cette institution peu visible emprunte encore beaucoup il est vrai aux pratiques diplomatiques. L’essentiel de son travail est mâché par des diplomates (Coreper 1) qui, esprit de corps voulant, répondent plus à leur « Quai d’Orsay » respectif qu’à leur gouvernement national et, a fortiori, au ministre compétent. Lire la suite

Notes:

  1. Comité des représentants permanents. Il est chargé de préparer les travaux du Conseil (des ministres) et il est composé des ambassadeurs des Etats-membres auprès de l’UE.